Menu icoMenu232White icoCross32White
<
>
Retour
Hélène RAYNAL
27 avril 2020
Carnet de confinement, entre Verneuil et COVID

Carnet de confinement, entre Verneuil et COVID

Julien, l'ardéchois libre

Julien a 37 ans. Il vient d’emménager avec sa femme Julie et ses deux filles dans une maison avec jardin au sein d’un minuscule hameau de trois maisons, perdu dans les collines ardéchoises. Malade de Verneuil depuis des années, il apprécie cette situation qui lui permet de limiter le stress dans l’environnement apaisant de cette région relativement épargnée par la pandémie.

« On a tout déménagé en deux jours »

A l’annonce du confinement, la famille était en cours de déménagement.
Si les premiers cartons étaient déjà partis, beaucoup restait à faire mais la nouvelle du confinement a brutalement accéléré les choses. Même si la distance était somme toute restreinte, il a fallu obtenir en urgence l’autorisation des services de police pour finaliser le déménagement et donner un bon coup d’accélérateur pour en finir au plus vite.
C’est ainsi que toute la petite famille s’est retrouvée confinée dans une nouvelle maison perdue dans la campagne.

« On se lève quand on se lève »

Si les premiers jours ont été consacrés au tri des cartons et des affaires fraichement arrivées à la maison, une vie de confiné s’est rapidement imposée.

Ici pas vraiment de règle, chacun vit sa vie librement sans routine stricte. Le matin au lever, après le déjeuner, les devoirs des enfants sont supervisés par les parents. Les repas se préparent le plus souvent en famille et tout le monde apprécie les produits du jardin partagé avec les deux autres familles qui vivent ici.

« On s’occupe des enfants, on travaille la terre, on est bien »

Dans ce hameau isolé, la petite communauté de trois couples et sept enfants du même âge, s’entend parfaitement bien et c’est une ambiance bon enfant qui s’est rapidement installée. Ambiance décontractée mais pas oisive pour autant puisque tout le monde se retrouve dans le jardin pour y bécher, biner et pratiquer toutes les activités campagnardes bien loin de l’agitation urbaine.
Le poulailler accueille ses premières pensionnaires, les plantations de tomates sont en cours, le récupérateur d’eau est opérationnel et la cabane des enfants est devenu le lieu de belles aventures.

Si presque tout le monde est au chômage partiel ou en télétravail, les deux seuls membres du groupe qui travaillent encore à l’extérieur sont en charge du ravitaillement. Les achats se font chez les producteurs locaux pour faire tourner l’économie locale et venir compléter la production du jardin.

Julien, vidéaste amateur, filme les petites scènes de la communauté et tout le monde s’amuse à rédiger des petits scénarios façon « sitcom » pour immortaliser cette période si bizarre. Entre les moments partagés dans le jardin, les cris des enfants qui jouent, les airs de musique et les apéros entre voisins, la sinistrose n’est pas de mise ici et c’est plutôt un air de vacances qui règne loin du stress et des inquiétudes.

Le soir après le coucher des enfants, on se retrouve en terrasse pour discuter en regardant les étoiles. Julien termine sa journée sur l’ordinateur pour s’éclater avec délice avec le dernier jeu vidéo qu’il vient de s’offrir.

Régulièrement on se retrouve en famille sur Whatsapp pour garder le contact avec les parents et les cousins, on appelle ceux qui n’ont pas Internet et on discute par Skype avec la mamie, isolée dans son ehpad.

« Ça me tire un peu le bras mais c’est vivable »

Côté santé, ce déménagement express a été difficile pour Julien.
Déjà en crise de Verneuil avant le confinement, il n’avait pas prévu de forcer autant au risque d’aggraver les poussées. Opéré il y a quelques mois, la cicatrisation avait été douloureuse et cette intense activité physique n’a pas arrangé les choses. Les anciennes cicatrices lui font mal et les nouvelles poussées sont bien là. Julien reste positif : « Les derniers soins ont été tellement douloureux que la poussée actuelle c’est peanuts ».
Les préposés aux courses sont passés chez le médecin récupérer le prolongement de son arrêt maladie et le pharmacien a délivré sans problème les médicaments dont il a bien besoin.

La chirurgie sera sans doute la solution mais Julien n’a pas encore cherché à joindre son chirurgien : « Je le laisse travailler pour les choses plus importantes que ça » même s’il a hâte de « passer entre ses mains ». Son traitement antibiotique fera l’affaire en attendant un retour à la normale.

« J’ai envie de voir mes potes »

Si cette période se passe plutôt bien pour lui, Julien n’a qu’une hâte : revoir ses amis et rencontrer son neveu qui vient tout juste de naitre si loin d’ici.
L’après confinement sera sans aucun doute amical et festif au cœur de ce petit paradis.

« Un mode de vie qu’il faudrait changer »

Cette période inédite et ce retour à la terre a permis à Julien de se recentrer sur des valeurs auxquelles il croit depuis longtemps. Il rêve à une prise de conscience de la Société à la lumière de cette pandémie. C’est pour lui l’occasion de réfléchir sur notre mode de vie, la répartition du travail, la revalorisation de certains métiers trop longtemps dénigrés mais pourtant essentiels et surtout la prise en compte des valeurs humaines et du temps qui passe inexorablement.

Une petite bouffée d’espoir qu’il conclut avec tristesse : « Ça ne va malheureusement rien changer, la Société est trop forte. »

0 commentaire(s)
Aucun commentaire pour le moment.
Consultez également
Carnet de confinement, entre Verneuil et COVID

Carnet de confinement, entre Verneuil et COVID

Julien, l'ardéchois libreJulien a 37 ans. Il vient d’emménager avec sa femme Julie et ses deux...

Hélène RAYNAL
27 avril 2020
Carnet de confinement, entre Verneuil et COVID

Carnet de confinement, entre Verneuil et COVID

Carole, bretonne et enferméeCarole, 51 ans, habite dans une petite ville au cœur de la Bretagne...

Hélène RAYNAL
18 avril 2020
Elles en rêvaient, elles l'ont fait !

Elles en rêvaient, elles l'ont fait !

Ca y est ! Après des années de combat pour se faire reconnaitre, les femmes atteintes...

SOLIDARITE VERNEUIL
10 mars 2019
Le tord-nez

Le tord-nez

Le tord-nez est un appareil bizarre, voire barbare utilisé depuis toujours dans le domaine de...

21 septembre 2015
ALDésolant !

ALDésolant !

Je ne sais pas vous, mais il y a des trucs qui ont le don de m’énerver…L’autre jour, j’ai reçu...

11 mars 2014
Antibiothérapie ou bistouri ?

Antibiothérapie ou bistouri ?

En première intention, c’est le plus souvent vers les dermatologues que les malades atteints...

28 septembre 2013
Fermer En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et notre Politique de Confidentialité. En savoir plus